Rapport de notre rencontre avec l’attaché de communication de Mr Darcos


Rapport de notre rencontre avec l’attaché de communication de Mr Darcos


Nous avons été reçus le vendredi 6 mars 2009 par l’attaché de communication de Mr Darcos lors de la venue de ce dernier à Argonay. Nous avions organisé son accueil devant l’école pour lui faire part de nos craintes au sujet de la dégradation de la formation des enseignants et de la disparition des IUFM.



Problème du manque d’expérience sur le terrain et de la perte d’alternance dans la formation :


  • Le nombre d’heures effectives sur le terrain intégrées dans la future formation de master reste plutôt vague mais il a évoqué juste une fois la possibilité de 108h sur les deux années (soit trois fois moins qu’actuellement)

  • Prise en charge de la classe moins importante au cours du master mais mise en place d’un « co-pilotage » pour la première année après le concours avec au moins un enseignant à nos côtés. Mais pourra-t-on tester plusieurs classes et par la même occasion être accompagné par différents enseignants avec différentes pédagogies ? pas de réponse très claire. Donc, en gros l’alternance disparaît pour que chacun ait la joie de se former sur le tas et que l’école devienne de moins en moins uniforme.

  • Nous ne savons pas non plus ce que seront les stages des étudiants venus des autres masters qui ne feront que passer le concours (devront-ils aller sur le terrain ?)



Problème du coût causé par deux années d’études supplémentaires qui, de par leur programme (formation, préparation au concours, projet d’étude ou mémoire, stages…) ne nous permettra pas d’avoir un travail étudiant à côté :


  • « les magistrats aussi font 5 années d’études ou plus et n’ont pas le temps de travailler à côté » Donc ils se moquent de l’élitisme social qu’une telle formation induit.

  • « Il y aura des bourses d’études mais on ne sait pas trop combien puisque ce n’est pas notre ministère qui s’en charge ».

  • Les stages seront rémunérés, ce qui pourrait représenter près de 3000 euros sur les deux ans de master !! Merveilleux pour couvrir les frais de la vie quotidienne des futurs étudiants…

  • Si l’on passe au master c’est pour que les enseignants soient d’avantage considérés et donc rémunérés. Faire 5 ans d’étude au lieu de trois c’est investir dans notre avenir.



Alors pourquoi ne pas faire effectivement une formation de deux ans, à la suite d’une licence mais en ayant le concours avant l’entrée en master ? Cela ferait moins d’échec à bac+ 5 !


  • Parce qu’avoir un bac+5 c’est une plus grande assurance d’emploi (du coup il vaut mieux échouer et se retrouver sur le marché du travail avec un bac + 5 qu’avec un bac +3). Donc, une nouvelle fois, les étudiants doivent investir pour leur avenir.

  • Parce que l’éducation nationale est un  « recruteur » qui va demander aux universités (ministère de l’enseignement supérieur) de leur fournir une formation disponible (le master) pour des candidats au concours, mais eux ne sont que des recruteurs et donc pas des formateurs. Avec le concours à bac+3, ils devraient ensuite nous former eux même (et ça leur coute cher)

  • La formation actuelle par les IUFM, bien que ces derniers soient intégrés à l’université, ne peut pas certifier un niveau bac+5 car seule l’université peut délivrer un tel niveau (ses arguments n’étaient pas très clairs)



Et les IUFM et leurs formateurs, que vont-ils devenir ?


  • Ils devraient devenir des « antennes périphériques » pour la formation continue par exemples et les formateurs participeraient encore à notre formation mais il ne sait pas trop puisque d’ailleurs il ne connaît pas trop le contenu des futurs masters puisque ce n’est pas leur ministère qui s’en occupe mais celui des études supérieures ! En gros, ils veulent des candidats a bac+5, ils ont préparé leur futur concours, mais la formation : ce n’est pas leur domaine, normal, que notre futur employeur sache comment nous trier (le concours) par contre comment nous former ? Ca ne les concerne pas trop apparemment.

  • Les formateurs, en fonction de leur statut, rallieront soit la formation continue, soit l’université pour la formation en master.

  • Ajoutons que X.Darcos nous a dit en sortant de sa visite de l’école qu’il était hors de question de supprimer les antennes départementales des IUFM. Il ne comprend d’ailleurs pas pourquoi nous nous inquiétons… c’est vrai qu’avec 65 futurs PE2 à Bonneville l’année prochaine au lieu de 120 cette année et 0 PE1 ( contre 130 cette année), on ne voit vraiment pas pourquoi nous sommes inquiets !



Problème des listes complémentaires :


  • il y a eu trop d’embauches ces dernières années basées sur des hausses démographiques erronées (des élèves auraient été « prévus » dans des communes donc le maire aurait fait des demandes d’ouverture ou du moins de non-fermeture de classes, et ces élèves ne sont pas arrivés en classe, en gros, d’après ses arguments ils auraient disparus entre la maternité et leur 1er année de maternelle !) donc maintenant il y a déjà trop de monde sur le terrain.



Alors pourquoi il y a-t-il des classes sans enseignants ?


  • C’est la faute des découpes en circonscription, dans certaines des enseignants peuvent être disponibles, chez eux, pendant ce temps il manque des enseignants dans la circonscription d’à côté. Il ne faut donc pas embaucher plus mais mieux organiser les remplacements.



Et pourquoi des embauches de vacataires :


  • Alors là le monsieur il est tombé de sa chaise « comment ? des vacataires ???? Mais je ne suis pas du tout au courant ! C’est inadmissible, si des besoins se font sentir vous devez évidement être les premiers embauchés !!! Laissez-moi votre adresse mail, j’interroge le recteur tout de suite et je vous réponds par mail ! » Résultat 10 jours plus tard ….. pas de réponse !


Le conseiller nous a également fait bondir à chaque fois qu’il nous disait que le ministère avait créé cette réforme en concertation depuis plus d’un an avec la profession…


Pour faire une conclusion qui résume la situation de leur délire (je pense qu’on peut employer ce terme !) : « cette réforme est merveilleuse et je ne vois absolument pas pourquoi vous allez contre elle ».


L’échange n’était pas du tout constructif puisqu’il n’a fait que nous redonner les éléments de leur réforme sans écouter nos remarques. Il a espéré nous embarquer sur son nuage mais heureusement nous ne sommes pas dupes et nous allons continuer la lutte jusqu’à ce qu’ils nous entendent !


La présence des médias à la sortie de cette entrevue nous a permis de répandre l’information.


Restons mobilisés !!!